Bloqués 6 semaines

Première semaine sans succès

Après avoir enfin trouvé la durit et le boulon qui vont bien pour réparer le moteur, Thierry passe une grande semaine le nez dans le moteur car il faut tout démonter pour atteindre la culasse. Démonter, c’est facile… mais remonter c’est beaucoup plus compliqué car il n’y a pas d’accès ! Il faut se contorsionner à plat ventre dans la chaleur : Thierry en ressort trempé et tout noir de graisse… super agréable ! Le dimanche matin Thierry vient enfin à bout du remontage et… suspense… on tente enfin de redémarrer le moteur… ça tourne mais rien à faire ! Le tuyau installé fuit et le boulon ne tient pas car c’est le filetage qui est mort… Il nous faut absolument trouver un mécano et quelqu’un qui sache refaire un filetage. Nous voilà déjà au 17 mars et nous sommes bloqués ici depuis deux semaines ;  nous désespérons de sortir de là !

Cette semaine nous retrouvons au mouillage nos amis suisses, Dominique et Véronique et leurs quatre enfants. Nous sommes contents de les revoir. La veille de leur départ nous prenons la casquette "papy - Mamie" pour garder leurs enfants un soir afin de leur permettre un (rare) tête à tête au restaurant. Nous sommes impressionnés par ces enfants éveillés et bien élevés. A la fin du repas le numéro deux annonce qu'il est de corvée de vaisselle et s'y met de bonne humeur tandis que les autres débarassent la table sans y laisser une seule miette : chapeau bas ! 

Comme Thierry commence à connaître pas mal de monde au chantier de la marina, nous organisons une soirée crêpes au chantier qui, comme toujours, est très appréciée.

Remorquage au chantier

Nous allons à la capitainerie de la marina demander un remorquage, mais ils ne proposent pas ce service. Une dame donne alors un flyer à Thierry : le chantier Docks Services fait des remorquages. Thierry l’appelle et, bien que ce soit dimanche (, le gars répond ! Il propose de nous remorquer lundi matin à son chantier où un bon chaudronnier pourra nous refaire le filetage. Nous sommes sauvés ! Bizarrement personne jusqu’ici ne nous a parlé de ce chantier et de son chaudronnier qui aurait pu nous dépanner…

Le lundi Igor vient nous remorquer jusqu’à son petit chantier à mi-distance entre la ville et la marina. Nous voilà donc amarrés sur une sorte de ponton jouxtant un hangar atelier. Bref, le décor n’est pas top ! Mais nous avons l’eau et l’électricité et nous sommes enfin au calme après la houle persistante du mouillage. L’inconvénient est que nous ne pouvons pas nous baigner. Par contre, comme nous sommes seuls au chantier le soir venu, on peut aller se doucher à poil au tuyau d’arrosage sur notre ponton.

C’est reparti pour des semaines de travaux sur le moteur !

Au chantier nous rencontrons Jean-Marc et Christelle. Jean-Marc est un chaudronnier hors pair et, bien qu’il ne soit pas mécanicien, il s’y connait bien en moteur. Christelle est une experte en soudure. Tout d’abord Jean-Marc refait les quatre filetages de la culasse en pas métrique : nous n’aurons plus à courir après des boulons « engliches » ! Ensuite il redresse l’échangeur qui a du jeu puis le trafique  pour y ménager des accès avec la clé afin de pouvoir le revisser sur la culasse. Toute la semaine il intervient sur le moteur et, vendredi, nous pouvons enfin tenter de le redémarrer… nouveau suspense… après moultes tentatives et purges du circuit il faut bien admettre que le gasoil ne sort pas de la pompe à injection… Jean-Marc contacte alors un mécano qui pourrait intervenir en dehors de ses heures de travail. Samedi le verdict tombe : il faut faire réviser la pompe à injection. Cela fait maintenant trois semaines que nous galérons à réparer ce foutu moteur ! Ce soir nous nous offrons un bon restaurant avec langouste pour nous consoler de nos misères. Nous sommes déjà le 22 mars !

A défaut de visiter l'île nous nous contentons des variations de lumière sur le port...

Carenage : une zone pittoresque

Notre chantier se trouve au milieu de la zone appelée "Carenage" qui est très pittoresque... C'est une succession d'ateliers, de hangars pour les pêcheurs, de petits chantiers et de petits restaurants pour les locaux. Les baraques sont faites de bric et de broc !

Pause barbecue aux Cochons

Nous avons rencontré un couple – Sonia et Alain - qui vit sur une goélette. Ils nous proposent de faire un barbecue le dimanche sur l’îlot aux Cochons. Un espace est aménagé avec des tables abritées et des barbecues. La plage à cet endroit a un peu de fond et on devrait pouvoir s’y baigner. Cet intermède nous fera le plus grand bien. Un autre couple est invité. La journée est agréable… et un peu arrosée… Un groupe de locaux est installé à côté de nous et nous invite à goûter leurs plats typiques… et boire un coup avec eux ! L’ambiance est très chaude… Un second campement un peu plus loin surprend Thierry : un WC de maison est installé sur une palette et une dame y est installée à la vue de tous… Leur accueil est chaleureux et ils nous invitent à nous joindre à eux le dimanche suivant.

Ile aux cochons 1

Au retour Thierry va remorquer un bateau qui, en panne de moteur comme nous, tente un mouillage à la voile. Le skipper refuse d’abord l’aide de Thierry, et ils se retrouvent ancrés au milieu du chenal où passent, de justesse, les énormes bateaux de croisière. Finalement Thierry les remorque jusqu’à une bouée et les aiguille vers le chantier pour réparer. Le gars ne prendra même pas la peine de lui offrir en verre en remerciement… décidément la convivialité du milieu marin se dégrade.

Retour d'urgence en Lorraine

Le lundi mon frère m’alerte sur l’état de santé de mon père. Grave, pas grave ? Dans l‘expectative je décide de rentrer et de profiter de la proximité de l’aéroport. Je réserve un vol pour le mercredi 3 avril au soir. Entre-temps l’urgence se précise. J’arrive à Toul le jeudi en fin d’après-midi et découvre mon père dans un bien triste état. Au matin on nous annonce son décès. Je suis soulagée d’avoir pu venir à son chevet à temps malgré la distance. IUne chance pour moi que nous soyons restés bloqués en Guadeloupe près d'un aéroport. Merci aux assurances qui m’ont payé le rapatriement. Je passe donc une grande semaine en famille en Lorraine tandis que Thierry poursuit ses investigations sur ce foutu moteur !

Cela fait plusieurs années que nous voyageons et je n'avais plus eu l'occasion de voir fleurir le printemps à la campagne... ni d'admirer les gelées blanches matinales...  Chaque mode de vie offre des plaisirs différents.

Encore un sauvetage de bateau grâce à Facebook

Durant cette semaine d’absence Thierry sauve un bateau à la dérive. Il voit sur Facebook un message d’un navigateur parti à terre en laissant son bateau au mouillage à Pointe-à-Pitre ; mouillage sujet à dérapages s’il en est. Le gars a l’idée de regarder sur VesselTrafic si son bateau est bien en place (grâce à l’AIS) et, horreur, constate qu’il a dérapé et s’approche dangereusement des cailloux. La SNSM et la marina refusant d’intervenir, à tout hasard, il lance un appel au secours sur un groupe Facebook de navigateurs et, coup de chance, Thierry le voit tout de suite. Il saute dans l’annexe pour aller sauver le bateau. L’école de voile tentait d’intervenir, mais avec un petit moteur il est difficile de remorquer un grand voilier. Le gars arrive avec ses quatre enfants, tous affolés à l’idée de perdre leur maison et devoir abandonner leur voyage autour du monde. Thierry réamarre le bateau et passe un moment avec la petite famille, le temps qu’ils reprennent leurs esprits. Tout est bien qui finit bien grâce à l’AIS et Facebook !

Pour information si vous allez mouiller face à la marina de Pointe-à-Pitre  le fond est de la vase liquide qui fait des vagues lorsque passent les énormes bateaux de touristes ou les porte-container. Il arrive alors souvent que l'ancre, même bien enfoncée dans la vase, se décroche ! 

Un joint de culasse à changer ?

Pendant mon absence Thierry a continué à se battre avec le moteur, les ennuis se succédant en cascade... Je reviens en Guadeloupe le vendredi suivant et retrouve Thierry démoralisé :  de l’huile dégueule par le vase d’expansion du liquide de refroidissement et il craint que le joint de culasse soit à changer. Nous attendons une disponibilité du mécano pour confirmer le diagnostic… pas avant le mardi 16 avril… Dire que nous sommes là depuis le 5 mars et que nous n’en voyons toujours pas l’issue !

Vase expansion

En attendant Thierry nettoie le circuit de refroidissement avec un produit adapté et, après deux lavages, l’eau coule claire… espoir ?... oui, mais une bulle suspecte se forme toutes les cinq secondes. Le diagnostic du mécano est plus rassurant : il est possible que ce soit le joint de culasse mais il est plus probable qu'il s'agisse d'une fuite au niveau d'une soudure sur l'échangeur.

Heureusement, si le joint de culasse est à changer, cela n’est pas urgent et nous pouvons retourner à Carriacou : notre retour en France est prévu le 8 mai et le temps nous est maintenant compté pour aller déposer notre bateau en sécurité pour la saison des cyclones.

Enfin le départ ?

Nous devons quitter le chantier jeudi; ça nous laisse une journée pour ranger et nettoyer le bateau ! Mission accomplie : ça fait un bien fou de ne plus vivre dans un garage de mécanique....

C'est où ?

Fil conducteur

Voir le récit précédent et le récit suivant de la saison 5.

Retrouvez dans la liste à droite tous les récits de la saison 5 --->

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 05 mai 2019