La navigation d'hiver au Portugal

Nous avions évidemment lu pas mal de choses sur les difficultés de la navigation sur la côte du Portugal en hiver… mais nous n’avions peut-être pas vraiment « entendu » ! De fait, naviguer sur ces côtes en hiver est difficile, surtout pour un équipage relativement novice comme le nôtre.

Ne parlons pas de la difficulté à passer le célèbre Cap Finistere… A l’aller, Thierry a pas mal galéré contre les vents et les courants. Qu’en sera-t-il du retour ?

Passons à la côte Ouest qui est la plus difficile. Une houle puissante de Nord-Ouest rend la navigation fatigante : un minimum de 3 mètres par temps calme mais plus généralement 4 à 5 mètres (voire plus bien sûr en cas de coup de vent). Sur cette côte, oubliez vos envies de mouillage !... Les ports sont assez peu nombreux et leur accès est rendu dangereux par une barre de déferlantes à l’entrée. De ce fait, les ports ferment une grande partie de l’hiver. Pas question de passer outre : l’amende est de 800e avec confiscation du bateau, ça ne rigole pas !... C’est ainsi qu’à l’arrivée de Cath et Youenn nous sommes restés bloqués 12 jours dans la marina de Povoa de Varzim, marina si mal abritée que ces jours ont été très éprouvants pour le matériel (beaucoup de casse : taquet du ponton, chaumard arrière, pare-battages et amarres explosés) et l’équipage (une bonne façon de s’amariner). La difficulté pour nous a été ensuite d’aller d’un port à l’autre durant les heures de jour pour éviter les entrées/sorties de port de nuit. Comme ils sont trop éloignés les uns des autres, nous avons opté par un départ dans la journée, une nuit en mer et une arrivée le jour suivant. Mais la navigation de nuit rend les navigations plus difficiles et plus fatigantes. En hiver le vent dominant est au Nord, pour descendre on se « tape » du vent arrière avec une grosse houle à 45° du vent qui dévie le bateau et le fait passer sur l’amure opposée (attention à l’empannage) ; ça affole le pilote qui décroche souvent. Il faut alors tirer des bords pour rester au grand largue plus confortable. Quant à la remontée, c’est encore pire puisqu’il s’agit d’aller contre le vent et les vagues : bon courage, même au moteur ça n’avance pas !

La côte Sud est bien plus tranquille : peu de houle, peu de vent (pas assez trop souvent !) et temps agréable. Le climat en hiver est agréable bien que ce ne soit pas estival, assez proche de celui de la Bretagne en septembre : 10 à 12 degrés la nuit et 16 à 20 le jour  avec un ensoleillement assez généreux . Les navigations sont donc faciles et il est possible de faire des mouillages forains. La difficulté ici réside dans les accès aux zones abritées qui sont bien souvent dans des rivières et des lagunes avec peu de profondeur et de violents courants de marée. Cette fois encore il vaut mieux éviter les arrivées de nuit ! Ayant acquis un peu plus d’expérience, nous avons osé les sorties de nuit. Le problème est donc qu’il faut quitter l’endroit dans le premier tiers de la marée descendante et arriver de jour dans le dernier tiers de la marée montante. Les fenêtres de tir sont parfois restreintes et si la météo n’est pas bonne le jour favorable il faut parfois attendre à nouveau quelques jours.

Commentaires (2)

Jenifer DUPONT
  • 1. Jenifer DUPONT | 30 Mai 2016
Quel périple ! Merci pour ce partage d'expérience ! Pour notre dernier voyage au Portugal, nous avions choisi de louer un bateau et naviguer en mer... mais avec un équipage (service à la journée) ! Lors de cette dernière croisière au Portugal (4 personnes – 2 couples), nous avons débuter notre périple à Funchal sur l’Ile de Madère ! La location du bateau avait été effectuée auprès de l’entreprise GlobeSailor, dont nous sommes plutôt satisfaits ! Au plaisir de lire de nouveaux articles aussi intéressants…
PIQ Christian
  • 2. PIQ Christian | 05 Mai 2016
Bonjour, je viens de "tomber" sur votre blog et en feuilletant vos pérégrinations, je constate que vous avez fait le sud du Portugal. Cela m'a rappelé de très bons souvenirs.
En 2010, après le décès de mon épouse je suis parti de Carnon 34280 le 01/09/2010, en solo avec mon 10m (Bénéteau 331 Clipper).
Après avoir descendu les côtes espagnoles rapidement jusqu'au cap de la Nao (nous l'avions déjà fait en 2008), j'ai pris le temps de visiter tout le sud de l'Espagne: escale à Cartagène pour visiter Murcia, escale à Motril pour visiter Grenade, Remonter le Gadalquivir jusqu'à Gelvès pour visiter Séville.
Ensuite le Portugal:
Mazagon, Ayamonté, Olaho (ou j'ai faillis m'ensabler), Albuféria, Vilamour....et fuite de pompe de refroidissement de l'échangeur, arrêt forcé à Portimào. ou j'ai trouvé un concessionnaire à Lagoa à 8 km et commander le nécessaire complet de réparation, après 7 jours d'attente, je réparais et terminais cette virée par Lagos et le cap Sao Vicente.
Le retour allait être beaucoup plus mouvementé, fin novembre, la météo est moins clémente et j'ai du relâcher à quatre reprise pour pouvoir continuer.
Une anecdote: pour faire 17Mn (Sitges/Barcelone), j'ai mis 10h; force 7/8 établie, 10 en rafales plein nez !!!!
Je rentrais à la maison le 23 décembre, juste pour fêter Noël à la maison.
Que du bonheur, merci de m'avoir fait revivre ces moments là.

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 02 Mars 2015