Tentative de traversée vers les Canaries

Préparatifs

Nous pensions quitter Cascais samedi mais il reste comme toujours des choses à faire avant cette grande traversée. Samedi nous nous affairons. Un dépôt dans les cuves d’eau douce  oblige Thierry à y faire des ouvertures pour les nettoyer. Cath se contorsionne deux heures durant pour les rendre propres. Ensuite Cath part sac à dos à Cascais pour faire un dernier approvisionnement. Le soir arrive et il reste encore des choses à faire comme préparer des repas pour la route. Thierry a la mauvaise idée de convier des voisins de ponton à l’apéritif. Le jeune confond « inviter à boire un verre » avec « vider la bouteille de rhum »… Nous tardons à nous en débarrasser et nous n’avons pas le temps de faire un dernier bon repas. Epuisée je vais me coucher en laissant un peu de boulot pour le lendemain. 

Une nuit difficile

Au lever, je suis très fatiguée et fourbue de courbatures mais décidée à partir tout de même : c’est une erreur, il aurait mieux valu retarder le départ et partir reposés et bien nourris.

Dimanche nous ne partons qu’en fin de matinée. La météo est stable sur les 7 jours à venir : vent nord /nord-est de 15 à 25 nœuds, houle de 3 mètres mollissant 1,5 mètre à l’approche des Canaries… mais cap 330°.

Fort de nos expériences précédentes dans des conditions identiques, nous voulons mettre à profit ces quelques heures de jour pour trouver la bonne solution pour tenir un cap au sud. La difficulté vient du fait qu’un cap au sud se fait au grand largue babord amure. La houle arrive à 45°sur tribord et dévie le bateau qui part d’abord en surf puis dévale la vague, changeant de cap (-50°) et passant tribord amure : c’est l’empannage ! Le pilote bipe, voire décroche, et le bateau met du temps à reprendre son cap.

Malheureusement à notre départ le vent fait défaut et nous partons au moteur. Lorsque le vent se lève la nuit est déjà proche. Nous testons donc différentes solutions. Le génois seul est ingérable car il passe d’une amure à l’autre. Nous hissons la voile d’artimon pour stabiliser le bateau mais l’effet n’est pas suffisant. Nous enroulons le génois et hissons la trinquette qui présente l’avantage indéniable de passer d’une amure à l’autre sans rien demander à personne. Dans cette configuration et avec l’appui  du moteur, le meilleur cap  que nous parvenons à maintenir est au 242° pour assurer une navigation de nuit à peu près confortable. Par chance la nuit est magnifique, très claire avec quasi la pleine lune, pas de nuages et une température assez clémente (8 - 10°).

Je prends le premier quart jusqu’une heure du matin. Premiers signes de mal de mer, je n’arrive plus à manger…  Youenn, bien qu’ayant déjà recraché le peu qu’il avait avalé, prend la relève. Vers 3 heures c’est Thierry qui reprend les commandes. Il vire  de bord. Sur ce bord la houle arrive par l’arrière et le bateau est au largue, ce qui assure la stabilité du cap. Le moteur peut enfin être coupé.

On abandonne : cap sur l'Algarve

Thierry, au vu de l’état de l’équipage, décide de ne pas poursuivre et d’aller sur la côte sud. Nous naviguons au près. Je reprends la veille dans la journée mais ne parviens toujours à rien avaler, juste quelques figues séchées et quelques gorgées de coca, aussi la fatigue s’accentue. Youenn est en piteux état lui aussi.

Au large du cap st Vincent nous admirons un magnifique coucher de soleil tandis que les falaises du cap s’illuminent de rose… il faut bien quelques plaisirs pour redonner du baume au cœur de l’équipage !  Après ce beau spectacle je replonge au chaud dans ma couchette. Thierry assure la dernière partie du trajet, Youenn prenant un peu le relais en fin de soirée. Heureusement, le cap passé la mer se calme et c’est tranquille.

Nous faisons notre première entrée de port de nuit à Portimao : pas de difficulté mais nous avons un peu de mal à voir le ponton d’accueil très bas sur l’eau. Youenn saute à terre et s’étale sur le ponton qui glisse  comme une patinoire… heureusement que ce n’était pas moi, ça aurait pu encore finir avec un plâtre ! On amarre le bateau et tout le monde se plonge dans les bras de Morphée : c’est fou ce que ça fait du bien quand on retrouve le calme ! Il nous faudra plus d’une journée pour retrouver l’appétit et un peu d’énergie.

P.S. Merci à Robert pour ce dessin humoristique approprié !

Youenn aux amarres

Commentaires (3)

Steven
  • 1. Steven | 12 Déc 2014
Bonjour les aventuriers,
J'ai découvert votre site par hasard.
C'est une magnifique aventure que vous vivez pleinement!
Ne lâchez rien ,votre persévérance vous amènera jusqu'au bout du monde!
Bon vent
MARIE ROBERT
  • 2. MARIE ROBERT | 11 Déc 2014
Bonjour à tous , vous nous tenez en haleine! Nous suivons jour après jour votre aventure . Le Portugal c'est déjà bien, comme nous disions une fois de Pors Guen faute d'être allés aux Glénans à cause d'un gros vent lol .Amitiés , plein de baisers
Régine
  • 3. Régine | 11 Déc 2014
Je suis vos aventures avec impatience. Je me dis que vous êtes de grands malades, apparament dans tous les sens du termes. Mais votre passion me rend admirative. Votre pugnacité me laisse perplexe !

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Date de dernière mise à jour : 27 Fév 2015