Vendredi 13... Est-ce ça va nous porter chance pour ma dernière nav ? Le soleil est au RV mais pas le vent : moteur une fois de plus ! Vers midi le vent se lève un peu et j'ai le bonheur de pouvoir tirer un long bord de près sous le soleil. Vers16h, comme le cap est pile face au vent et qu'il reste 15 milles à faire nous n'avons plus le temps de tirer des bords, aussi nous mettons le moteur. Malheureusement une petite houle hachée se lève. Face aux vagues et au vent nous plafonnons à 2,5 noeuds et nous n'arrivons à l'entrée de la lagune qu'à la nuit. Nous remontons donc le chenal de nuit, les yeux de Thierry rivés à la carte du traceur (quel confort !...) et les nôtres balayant les eaux noires à la recherche des bouées vertes et rouges qui tracent le chenal. Nous parvenons sans frayeur devant le mercado d'Olhao à 2 heures du matin et jetons l'ancre (par chance il reste une place dans cet espace très restreint). Ouf, Super arrivée !... Mais la joie est de courte durée car l'ancre n'a pas accroché et il nous faut recommencer la manoeuvre. Youenn remonte l'ancre en vitesse et je cherche en vain à récupérer l'orin... qui a filé vers l'arrière et... se coince dans l'hélice ! Le moteur cale et l'ancre est déjà trop remontée pour freiner notre dérive. Tandis que le bateau glisse lentement vers le haut fond à proximité, Thierry et Youenn se dépêchent de mettre l'annexe à l'eau et d'y installer le moteur. Coup de chance, le bateau vient se coller à la bouée rouge qui borde le chenal et je m'y accroche pour que le bateau n'aille pas s'échouer sur le banc de sable. Le bateau en relative sécurité, Thierry récupère en annexe la deuxième ancre et sa chaîne dans la baille de mouillage avant puis va la jeter très loin devant le bateau. Cette fois elle tient et il ne reste plus qu'à hâler le bateau avec le bout accroché à la chaîne pour le remettre en place. Ouf, plus de peur que de mal !
Coup de chance, notre voisin a à son bord une bouteille de plongée que Thierry envisageait de lui acheter lors de notre précédent séjour. Il lui prête et le lendemain matin Thierry plonge pour dégager le bout pris dans l'hélice. Quelques essais moteur nous rassurent vite, pas de dégâts sur l'arbre d'hélice ni le moteur.
Nous passons les deux derniers jours au mouillage à Olhao. Pas de chance, le temps est bien gris et la nuit de samedi nous essuyons un gros coup de vent; l'ancre tient bon. Lundi matin, à 3 heures, je prends une dernière fois l'annexe pour accoster et aller en voiture à l'aéroport : le ciel est clair et aucun souffle de vent ne vient troubler le calme de la nuit sur la lagune... Je pars le coeur serré... Tout cela va me manquer ! Le voyage est terminé pour moi et je suivrai le retour de loin au téléphone. Je retourne dans la grisaille bretonne m'enfermer devant mon ordi au bureau.... GRRRRRRRRR
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