Au lever, je suis très fatiguée et fourbue de courbatures mais décidée à partir tout de même : c’est une erreur, il aurait mieux valu retarder le départ et partir reposés et bien nourris.
Dimanche nous ne partons qu’en fin de matinée. La météo est stable sur les 7 jours à venir : vent nord /nord-est de 15 à 25 nœuds, houle de 3 mètres mollissant 1,5 mètre à l’approche des Canaries… mais cap 330°.
Fort de nos expériences précédentes dans des conditions identiques, nous voulons mettre à profit ces quelques heures de jour pour trouver la bonne solution pour tenir un cap au sud. La difficulté vient du fait qu’un cap au sud se fait au grand largue babord amure. La houle arrive à 45°sur tribord et dévie le bateau qui part d’abord en surf puis dévale la vague, changeant de cap (-50°) et passant tribord amure : c’est l’empannage ! Le pilote bipe, voire décroche, et le bateau met du temps à reprendre son cap.
Malheureusement à notre départ le vent fait défaut et nous partons au moteur. Lorsque le vent se lève la nuit est déjà proche. Nous testons donc différentes solutions. Le génois seul est ingérable car il passe d’une amure à l’autre. Nous hissons la voile d’artimon pour stabiliser le bateau mais l’effet n’est pas suffisant. Nous enroulons le génois et hissons la trinquette qui présente l’avantage indéniable de passer d’une amure à l’autre sans rien demander à personne. Dans cette configuration et avec l’appui du moteur, le meilleur cap que nous parvenons à maintenir est au 242° pour assurer une navigation de nuit à peu près confortable. Par chance la nuit est magnifique, très claire avec quasi la pleine lune, pas de nuages et une température assez clémente (8 - 10°).
Je prends le premier quart jusqu’une heure du matin. Premiers signes de mal de mer, je n’arrive plus à manger… Youenn, bien qu’ayant déjà recraché le peu qu’il avait avalé, prend la relève. Vers 3 heures c’est Thierry qui reprend les commandes. Il vire de bord. Sur ce bord la houle arrive par l’arrière et le bateau est au largue, ce qui assure la stabilité du cap. Le moteur peut enfin être coupé.
Commentaires
1 Steven Le 12/12/2014
J'ai découvert votre site par hasard.
C'est une magnifique aventure que vous vivez pleinement!
Ne lâchez rien ,votre persévérance vous amènera jusqu'au bout du monde!
Bon vent
2 MARIE ROBERT Le 11/12/2014
3 Régine Le 11/12/2014
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