En route pour les Tobagos Cays, tranquillement au moteur à 3 nœuds à peine, nous talonnons : le bateau stoppe brutalement. Par chance je suis derrière la barre et peux immédiatement mettre en marche arrière pour dégager de bateau. Nous jetons l’ancre à proximité pour aller constater les dégâts. Thierry plonge et ressort plutôt rassuré : l’avant de la quille est enfoncé sur une dizaine de centimètres et il pense pouvoir réparer cela sans difficultés. Selon lui, la quille est étanche… Le temps de déjeuner et je constate qu’il y a de l’eau jusqu’au niveau des planchers : visiblement la quille n’est pas étanche et nous avons bel et bien une voie d’eau ! Panique à bord : que fait-on ? D’abord enclencher la pompe de cale qui parvient à éliminer autant d’eau qu’il en rentre ; ouf ! La grue la plus proche pour sortir le bateau est au chantier de Tyrrel Bay à Carriacou, à une bonne quinzaine de milles d’ici. Est-on certains d’y arriver ? Thierry n’hésite pas et nous appelons le chantier pour nous assurer que le travel-lift sera disponible à notre arrivée. Fort heureusement nous sommes une journée de travail et aux heures d’ouverture. Le chantier nous attend et nous levons l’ancre. Première inquiétude : le moteur plafonne à 1800 tours, que se passe-t-il ? Pourvu qu’il ne tombe pas en panne. Nous déroulons le génois et hissons la grand-voile avant. Nous partons au vent arrière et, après plusieurs jours de vent à 25 nœuds, il s’est ramolli à moins de 10 nœuds juste au moment où nous voudrions qu’il souffle fort sur nos voiles. Au bout d’une demi heure le moteur reprend son rythme normal et nous le poussons à fond pour arriver plus vite. A peine une heure après le départ la pompe de cale nous lâche : nous l’avons payée une fortune l’an dernier, c’est réjouissant ! Gros coup de flippe pour moi, mais Thierry a une pompe de rechange qu’il met une dizaine de minutes à installer… le niveau d’eau monte mais reste sous les planchers. De la barre je surveille une chaussure de sport qui traîne sur le parquet du carré : si elle se met à flotter, ça craint… la nouvelle pompe est efficace et parvient même à faire baisser le niveau. Je reprends confiance mais craint tout de même qu’elle nous lâche aussi. Thierry n’a pas l’idée de me signaler qu’il en a encore une autre en réserve et qu’au pire il peut brancher le refroidissement du moteur dans la cale. Bref, il a des solutions alternatives que j’ignore. Nous craignons aussi que le trou s’agrandisse en cours de route et que la voie d’eau s’accentue. Bref, c’est l’angoisse… Nous mettons seulement 3 heures pour atteindre Tyrell Bay et le chantier nous attend. Nous sortons immédiatement le bateau : ouf, tout finit bien ! Le lendemain nous sommes épuisés par ces émotions et restons à flemmarder dans le bateau.
Commentaires
1 Patrice Le 09/04/2018
Je ne sais pas si ça se fête (comme la première chute de cheval?) mais comme je vous connais vous aller bien célébrer l'événement autour de votre langouste.
Bises et à bientôt
Patrice
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