Escale technique en Martinique

Encore 100 milles vers la Martinique

Nous quittons notre mouillage de la Barbade le 28 janvier en fin de matinée pour nous rendre au Marin en Martinique. Nous avons 100 milles à faire et cela doit nous prendre 24 heures. Thierry veut jouer les « kékos » et faire la manœuvre à la voile… mais il a sous-estimé la dérive et lorsque je réalise qu’on s’approche du banc de corail et allume le moteur il est déjà trop tard : la quille du bateau heurte les rochers. Le sondeur indique un mètre 20… Thierry met le moteur à fond pour nous dégager et le bateau retrouve de l’eau sous sa quille. Par précaution nous jetons l’ancre à nouveau et Thierry plonge inspecter la quille : à peine quelques éraflures ! Notre bateau est solide. Après ce faux départ nous mettons le cap au Nord-Est au vent de travers. Dès qu’on s’éloigne de la protection de l’île les vagues se creusent et le vent s’établit à 25 nœuds. La houle nous prend par le travers et le bateau passe bien les vagues, même les plus grosses. Nous filons à 6-7 nœuds sous génois avec un ris. Thierry souffre d’un léger mal de mer et c’est moi qui prends les commandes pour la journée et le début de la nuit. Après ce que nous avons vécu en transat ces conditions pourtant sportives me paraissent faciles et j’apprécie cette journée de navigation. Nous avançons tellement bien que nous prenons un second ris pour ralentir le bateau et n’arriver qu’au lever du jour à l’entrée du Cul-de sac du Marin. La radio annonce un « BMS » (Bulletin Météo Spécial envoyé à partir de force 7 Beaufort) : cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas entendu parler français à la radio ! Nous mesurons ainsi nos progrès car au départ nous ne sortions pas avec un BMS ! L’anse du Marin est envahie de centaines de bateaux au mouillage. Nous nous dirigeons vers la marina au fond de l’anse et la densité des bateaux nous rappelle les Glénan un beau week-end d’été ! Nous obtenons une place en bout de ponton, de sorte qu’on voit la mer.

la marina du marin

Encore et toujours des travaux !

Nous profitons de notre venue au Marin pour faire quelques travaux. C’est la marina la plus importante des Antilles et les professionnels sont nombreux. Thierry veut réparer la pompe de la baille de mouillage et régler (enfin ?) les problèmes d’étanchéité avec la cabine avant. Il installe un hublot sur le fond de la cabine pour avoir accès à la baille de mouillage par l’intérieur. Ajoutez à ce chantier pas mal de petites bricoles et les jours passent à travailler sur le bateau… sans visiter la Martinique ni profiter des beaux mouillages !

Nous retrouvons nos amis de Mindelo

A peine arrivés nous avons la visite de Patrick et Andrée de Patandré puis d’Olivier et Chloé de Gorgona : ce sont les deux bateaux qui ont fait leur arrivée au même moment que nous à Mindelo. Gorgona a traversé en même temps que nous et a donc subi les mêmes conditions, en pire car ils sont venus directement en Martinique et ont essuyé 60 nœuds sous grain. Même sur leur catamaran ils ont trouvé la traversée difficile. Par contre Patandré est parti début janvier et a eu la chance d’avoir de meilleures conditions météo.

 

Journée plongée sur Gorgona

Alors que nous devons dîner sur Patandré, Gorgona nous propose une journée plongée sur leur catamaran à l’Anse d’Arlet. Notre bateau étant en chantier nous partons sur Patandré en soirée et rejoignons Gorgona à l’Anse d’Arlet. Le lendemain nous embarquons tous sur Gorgona pour une virée plongées. Nous faisons un premier arrêt à l’entrée de l’anse et tandis que Patrick, Thierry et Olivier plongent en bouteille, je vais admirer les poissons et les fonds avec mon masque. L’endroit est superbe avec beaucoup de végétation et plein de poissons multicolores. Nous allons ensuite mouiller dans l’Anse Noire pour le déjeuner. Ensuite nous cherchons un autre spot de plongée mais l’endroit choisi est un peu décevant. Nous revenons à l’Anse d’Arlet pour y passer la nuit et repartons le lendemain matin pour le Marin. Cet intermède nous fait du bien : nous profitons enfin de cette belle île et les moments passés avec nos amis sont très agréables.

Nous avons pour la première fois l’occasion de passer deux jours à bord d’un Lagoon 420. C’est bien évidemment spacieux et confortable. Le bateau se comporte bien en mer mais il n’y a pas beaucoup de houle. Thierry est plutôt séduit par ce bateau solide ! Pour ma part je reste dubitative car je n’ai plus vraiment l’impression d’être sur un bateau… Pas sûr que nous fassions ce choix pour le « bateau de nos vieux jours ».

 

Retrouvailles avec Jeff

Jeff est l’ami de Thierry qui nous a vendu Lambarena en 2009 à Port-la-Forêt. Il est ensuite parti sur son bateau et vit au Marin depuis quelques années. Thierry a très envie de le rencontrer pour lui monter ce que nous avons fait de Lambarena. Nous le contactons par SMS et, à peine amarrés, Jeff vient nous retrouver. C’est son anniversaire et nous l’invitons à dîner. Thierry est très heureux de retrouver cet ami qui est vraiment un « personnage » ! Il est très fier que Jeff lui dise qu’il a aménagé Lambarena comme un « pro » : son avis de bon professionnel est flatteur ! Nous le retrouvons presque chaque jour durant notre séjour. Le reverra –t-on ? Il va partir sur son bateau pour ne probablement jamais revenir…

Un bateau de baroudeur parmi les yachts

Au Marin nous retrouvons l’ambiance des ports français que nous détestons… Tous ces gens avec de gros bateaux qui nous croisent sur le ponton sans nous voir ! Il faut dire que nous sommes sur le ponton des loueurs d’énormes catamarans, de réparation des bateaux Amel et de quelques magnifiques yachts de plus de 20 mètres. A notre grande surprise notre bateau reçoit beaucoup d’éloges et beaucoup de passants le photographient ! Pourtant c’est le chantier sur le pont. Il semble que son côté « baroudeur » plaise beaucoup. Nous qui nous traitons volontiers de « bateau de manouche » en sommes très flattés.

 

Nos premières impressions sur la Martinique

Après les Canaries, la Martinique nous paraît bien moins sympathique ! Et je ne parle pas que des prix qui ici sont près de 50% plus élevés qu’en métropole alors qu’ils sont 30% moins chers aux Canaries. Les commerçants sont dans l’ensemble moins aimables.

Côté climat il semble que cette année soit exceptionnellement venteuse et pluvieuse. Chaque jour nous essuyons quelques grains aussi soudains que passagers mais gare aux hublots restés ouverts !

Faux départ vers Carriacou

Nous venons enfin à bout des travaux et du rangement et décidons de partir le samedi 11 février pour Cariacou. Nous voulons le plus tôt possible réserver un chantier pour sortir le bateau durant l’été. Quelques personnes nous ont parlé d’un nouveau chantier à Cariacou, sérieux et moins cher que les autres.

Samedi en fin de matinée nous larguons les amarres et remontons le chenal de sortie du Marin. La météo annonce 20 noeuds de vent. Au sortir de la baie le vent se lève et, alors que nous mettons le génois, Jeff nous appelle et nous déconseille de partir car un fort coup de vent est annoncé avec une grosse houle. Jeff étant un très bon marin nous suivons son avis et allons nous ancrer devant Ste Anne.

Attente forcée à Ste Anne

Le coup de vent va durer quelques jours et nous devons patienter à Ste Anne. Peu après notre arrivée le bateau dérape une première fois. Nous ré-ancrons cette fois avec deux ancres en ligne et 50 mètres de chaîne, puis Thierry plonge en apnée vérifier le mouillage par 3 m de fond. Nous passons une nuit tranquille mais à mon réveil je constate qu’on a une nouvelle fois dérivé ! Nous changeons d’endroit et Thierry plonge en bouteille pour améliorer sa ligne de mouillage : cette fois ça devrait tenir.

Nous profitons de cette halte forcée pour aller visiter Ste Anne et tombons juste le jour du défilé de carnaval. Quelques chars bien modestes font le tour du village ; rien à voir avec le fameux carnaval de Santa Cruz de Tenerife !

C'est où ?

Fil conducteur

Voir le récit précédent et le récit suivant de la saison 4.

Retrouvez dans la liste à droite tous les récits de la saison 4 --->

Commentaires (2)

giovan
  • 1. giovan | 25 fév 2018
Preuve en est vous n'êtes pas que des Manouches puisque le Lambarena a fait l'objet de convoitises à l'arrivée au port du Marin parmi tous ces VOILEUX français d'après vos récits !!!! Quelle classe même si Thierry a du s assurer du bon état de sa quille à une ou deux reprises il nous semble, moindre mal si c 'est que des éraflures.....
Merci pour toutes ces photos de merveilleux paysages reçus régulièrement.
En tout cas on vous embrasse et CHAPEAU BAS les navigateurs !!!!!!!
A quand le passage du Panama ???
Giovan Régine Bastien Arnaud
Marie Le Moine
  • 2. Marie Le Moine | 25 fév 2018
Je me demande si on va y aller, en Martinique, Cat nous fait tellement bien voyager qu'on s'y croirait et Gouesnach même, si on l'étudie avec la patience, la curiosité et la méthode que l'on peut mettre à l'étude d'une tribu sauvage, on a plein de surprises. Le quotidien n'existe pas. On vous embrasse des tonnes

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Date de dernière mise à jour : 27 mars 2018