Vers la Guadeloupe sans moteur

Faux départ : moteur en panne !

Notre moteur donne des signes alarmants depuis quelques temps : une fuite de gasoil enfume la cale moteur et Thierry n’a pas de quoi réparer. Nous décidons donc d’aller à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe pour y faire réparer le moteur. Dimanche matin, de bonne heure et par un bon vent de 15 nœuds Nord-Est, nous quittons l’anse Fideling au moteur. La fumée envahit rapidement la cale moteur et, arrivés devant le cap à Nègres, le moteur cale sans plus vouloir redémarrer. Nous sommes à 200 mètres des cailloux et le vent nous y pousse. Vite, Thierry hisse la trinquette pour nous dégager vers le sud. Ensuite nous déroulons le génois et hissons la grand-voile pour avoir plus de puissance. Une fois au milieu des ilots de l’archipel nous virons de bord et tentons un nouveau passage en ayant pris du cap. Peine perdue, avec ce vent il nous est impossible de passer. De retour au milieu des îles nous mettons à la cape. Malheureusement le vent nous pousse vers la côte rocheuse de Terre-de-Bas qui s’approche dangereusement ! Thierry se décide à émettre un « PAN PAN » à la radio pour demander l’assistance d’un bateau moteur pour nous remorquer. Mais aucun bateau n’est disponible dans les parages immédiats et il nous faut réagir avant de nous retrouver sur les cailloux ! Thierry parvient à manœuvrer pour retourner s’ancrer dans l’anse Fideling. Nous faisons la manœuvre de mouillage à la voile mais un peu trop près du bord… Peu après le moteur redémarre et nous pouvons nous ancrer en sécurité au milieu de la baie. Ouf ! Maintenant reste à savoir comment et quand nous sortir de là !?

Le capitaine de la SNSM des Saintes vient nous voir. Aucun mécano ne viendra ici nous dépanner. La SNSM peut nous remorquer le lendemain mais comme nous sommes maintenant en sécurité le remorquage est payant : 360€ de l’heure (HT ?), et il faut compter le retour du bateau de sauvetage. Nous envisageons d’abord de nous faire remorquer jusqu’à la sortie des Saintes, ensuite nous pourrons rejoindre la Guadeloupe à la voile. Pour couronner le tout, le téléphone Digicel ne passe pas sur cette île et nous n’avons donc pas accès à la météo… On ressort le téléphone français pour appeler le CROSS. La météo annonce 15 nœuds de vent Est-Sud-Est pour lundi : le départ est jouable et Thierry renonce à demander un remorquage.

On décolle le lundi matin

Nous partons au lever du jour pour bénéficier d’une houle et de vents moins importants. En ouvrant les portes de la cale et tous les hublots nous espérons que le moteur tiendra pour passer le cap… Thierry amarre l’annexe à couple, prête à tirer le bateau en cas de besoin. Une nouvelle fois le moteur nous lâche devant les cailloux de la pointe à Nègres. Thierry saute dans l’annexe mais les vagues sont trop puissantes pour qu’elle puisse tirer le bateau ? Il parvient tout de même à lui faire faire demi-tour pour ne pas aller se jeter sur les rochers. Thierry hisse les voiles et reprend du cap entre les ilôts. Le vent prévu Est-Sud-Est est en fait Est, voire Nord-Est, ce qui rend la passage du cap beaucoup plus problématique. Nous réussissons notre virement de bord du premier coup et le cap est suffisant pour passer : ouf ! Nous sortons de l’archipel des Saintes au près serré au ras de l’île aux Cabrits. Bravo capitaine !

Reste maintenant à tirer des bords jusque Pointe-à-Pitre. Heureusement le vent est suffisant pour donner assez de vitesse au bateau malgré les vagues. Sur tribord amure le bateau avance bien mais ça se gâte beaucoup sur bâbord amure où nous plafonnons à deux nœuds ! Le bateau remonte bien au vent et nous parvenons à ne tirer que deux bords du mauvais côté. Nous arrivons devant le Gosier et prenons le vent au largue pour entrer dans le large chenal d’accès au port de Point-à-Pitre. Notre ami Laurent, excellent marin et fin connaisseur des lieux, nous a conseillé la veille pour cette navigation délicate et nous nous ancrons sans problème à la voile près du banc des Cochons. Manque de chance, l’ancre ne tient pas sur ces fonds de vase et nous devons nous y reprendre à quatre reprises pour parvenir à mouiller en sécurité. Une chance, le moteur redémarre et nous assiste durant ces manœuvres, évitant à Thierry de remonter l’ancre à la main. Nous voilà enfin arrivés sans problème, soulagés et… fiers de nous ! Malgré le stress, c’était une belle navigation. Thierry maitrise bien son bateau maintenant et nous mesurons les immenses progrès réalisés au fil des saisons. Reste à trouver un mécano…

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Date de dernière mise à jour : 15 mars 2019