Nous quittons Bénodet lundi 24 octobre sous un grand soleil et sans vent. Nous naviguons à seulement 2,5 nœuds au moteur avec une houle hachée et très désagréable : le mal de mer nous guette. A deux heures du matin, juste dans le carré fatidique où nous avions eu un court-circuit et pris un filet dans l’hélice, Thierry constate qu’il y a une fuite de gasoil. Il passe une bonne heure à changer une durite de gasoil qui fuyait. Ensuite des dauphins font des arcs de lumière dans le plancton phosphorescent : spectacle magique au cœur de la nuit noire. Le lever de soleil est accompagné par une bande de dauphins qui feront de fréquentes apparitions durant toute la matinée. A 14 heures (après 24H de nav) nous n’avons fait que 70 mn…
Les quarts de veille s'organisent comme d'habitude : Thierry (le capitaine) fait la nuit de minuit à 5-6 heures, je prends la relève jusque 9 heures puis c'est le tour de Thierry 2.0 notre équipier. Dans la journée, j'assure la veille avec Thierry 2.0, en relai ou à deux, histoire de bavarder un peu. Le capitaine vient de temps à autre se joindre à nous mais il préfère souvent se reposer afin d'être opérationnel en cas de besoin. Sauf coup de tabac, je prépare un vrai repas en milieu d'après-midi, le reste du temps chacun grignotte ce qu'il veut. Nous sommes vraiment contents d'avoir choisi Thierry comme équipier : après nous avoir aidés dans la préparation du bateau, il se montre également efficace et fiable en navigation. Et en plus, il est très sympa et nous rigolons bien avec lui !
A 14H30 le vent se lève enfin, seulement 8-12 nœuds mais nous pouvons enfin hisser les trois voiles et couper le moteur. Nous poursuivons vent de travers. Vers 19h30 le vent tourne légèrement Sud Est et on affale la GV avant pour poursuivre au grand largue.
A 14H30 (après 48h de nav) nous avons parcouru 187 milles : la moyenne est sauve !
En fin d’après-midi, le troisième jour, nous devons mettre le moteur pour recharger les batteries. Dans la soirée le vent faiblit puis repart à la hausse : nous prenons deux ris dans les voiles. Le vent s’établit à 20-25 nœuds durant la nuit. Au matin le vent forcit encore et s’établit à 30-35 nœuds. On affale la GV arrière et on monte la trinquette en plus du génois avec deux ris. La houle se creuse car nous passons le plateau continental. Le génois se coince mais nous pouvons poursuivre ainsi. La houle arrive sur le côté du bateau et le fait giter fortement : l’eau passe sur le plat-bord et atteint le cockpit. L’équipage est fatigué après ces heures de navigation difficile. La météo annonçait 20 noeuds et nous prenons 35 noeuds : qu’en sera-t-il au large du redouté Cap Finisterre ? Notre météo du départ n’est pas fiable. Vers 17 H Thierry prend la décision de se dérouter vers La Corogne à 40 mn. Il nous faut alors remonter au vent et Thierry prend la barre pour mieux négocier les vagues.
Une fois à l’abri du cap le vent et la houle se calment. Nous atterrissons à La Corogne par temps calme vers 23 heures le jeudi 27 octobre après 3 jours et demi de voyage. C’est fini pour cette première étape !
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