Au petit matin du 8 janvier nous levons l’ancre pour Bequia. Nous espérons y rejoindre notre amie Marine qui doit passer par là avec son charter mais au final ses clients décident d’aller à Wallilabou. Mauvaise surprise au démarrage, notre chaîne fait un noeud ! La veille au soir un catamaran indélicat a mouillé trop près de nous - alors qu’il y avait beaucoup de place - et en dérapant a emporté et noué notre chaîne. Le départ est difficile avec un vent NE de 15-20 noeuds mais surtout du courant et de la houle qui nous obligent à naviguer au moteur. Une fois bien engagés dans le canal nous pouvons enfin hisser les voiles. Thierry parvient à régler parfaitement l’équilibre du bateau qui avance tout droit sans pilote pendant une bonne heure, jusqu’à l’approche de Bequia et de nouveaux courants qui perturbent cette belle harmonie. L’arrivée dans la baie se poursuit une fois de plus au moteur. Une panne de gasoil vient animer cette fin de navigation. Thierry remplit le réservoir central qui déborde par l’évent situé dans le support de la barre, de telle sorte que je me retrouve aspergée de gasoil en me demandant ce qui arrive. Juste une petite frayeur et j’en suis quitte pour aller me changer. Nous mouillons au nord de la baie de Port Elisabeth. Il nous faut nous y reprendre à plusieurs fois car l’endroit est assez fréquenté et l’ancre n’accroche pas. Nous débarquons pour faire un tour de cette petite ville avec ses jolies maisons colorées accrochées aux collines. Surprise : la ville est touristique avec une jolie promenade le long de la plage bordée de restaurants et d’hôtels comme nous n’en avons pas vus depuis bien longtemps ! Nous y croisons un jeune couple de militaires écolos et résolus à vivre « en dehors du système »... original. Charmés par cette jolie ville, nous décidons d’y passer une journée.
Le lendemain nous prenons un taxi collectif qui nous amène au terminus au sud de l’île. Nous marchons un peu en revenant sur nos pas et traversons un village sur la côte au vent. Un vieux baraquement abrite un vivier à langoustes. Nous repartons avec un grosse bête de près de quatre livres qui gigote dans le sac à dos. Pour 60$EC (20€) nous allons encore une fois nous gaver ! Nous allons finir par nous en lasser... Peu après notre « taxico » s’arrête à notre hauteur et nous y montons, heureux d’échapper à la marche à pieds par cette chaleur. Il faut dire que Thierry recommence à souffrir du pied, ce qui rend les balades plus brèves. Nous croisons cette fois des québécois : elle est romancière et me parle de son métier.
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