Nous quittons Malendure très tard et arrivons à Deshaies à la nuit. Toutes les bouées sont occupées et nous mouillons derrière les autres bateaux. Nous devons nous y reprendre à deux fois mais finalement ça tient. Dans la nuit le vent se lève (c’était annoncé) et sous les rafales le bateau dérape ; les alertes sur tablette et téléphone nous réveillent. Le bateau est gentiment poussé en dehors de la baie. Moi à la barre et Thierry à l’ancre nous manœuvrons pour réancrer le bateau. L’anémomètre marque 38 nœuds ! Heureusement il n’y a pas trop de houle. Bien que l’ancre dérape à nouveau, Thierry revient dans le cockpit et me dit « je me suis ouvert le front, il y a du sang partout mais pas de panique ce n’est pas grave ». Il descend dans le carré et ressort avec un chiffon sur le front. J’imagine qu’il s’est cogné. Pas de panique, donc. Il repart à l’avant et nous faisons une nouvelle tentative d’ancrage qui cette fois sera la bonne ; le bateau cesse de dériver vers le large. Ouf, les manœuvres dans la nuit avec le vent sont difficiles et j’ai bien cru qu’on allait devoir passer quelques heures au large ! Thierry descend se faire un joli pansement et ressort avec une bande velpo autour de la tête. Il nous dit qu’il est tombé et s’est ouvert le front sur le balcon. Ah bon, rien que ça ?! Bizarre… Il n’est pas du genre à tomber si facilement… Le vent souffle toujours très fort et il monte la garde dans le cockpit tandis que Marion et moi nous recouchons.
Au matin Thierry va voir le médecin et revient avec 6 points de suture ! De plus il a deux côtes fêlées. Il ne s’est pas loupé… mais comment a-t-il pu faire une chute aussi violente ? Il n’y a pas eu de grosse vague susceptible de le déstabiliser ainsi. Il se tient toujours et il a un excellent équilibre ; même les énormes vagues de notre traversée de l’Atlantique ne l’ont pas déstabilisé. Il ne se souvient pas de sa chute mais seulement d’avoir heurté la rambarde avec sa tête puis de s’être rattrapé en lâchant sa super lampe torche qui est tombée à l’eau. Le médecin était étonné qu’il saigne autant (le pont est parsemé de tâches de sang !). Finalement nous comprenons qu’il a fait un malaise et qu’il s’est affalé de tout son poids sur le balcon la tête la première ! Renseignements pris auprès de notre ami plongeur chez les pompiers, il a certainement fait un accident de plongée : une bulle d’azote qui a provoqué une perte de connaissance. Faire le yoyo ainsi entre 10 mètres de fond pour y travailler et la surface nécessite des paliers de décompression (*) qu’il n’a pas fait.
Thierry met plusieurs jours à se remettre de cet accident. Les choses auraient pu être plus graves encore…
(*) Pour info, les tables de décompression pour une plongée loisir ne sont pas les mêmes que les tables pour les travaux sous-marins. Dans ce cas les paliers sont plus nombreux.
Commentaires
1 Anne So Le 10/03/2021
Pouvez vous me dire par quelle application vous passez pour sécuriser votre mouillage et être alertés en cas de dérapage de l'ancre?
Merci de votre réponse.
Bonne journée
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