Tour de Grenade

Un récit (presque) sans image

Mon ordinateur a rendu l'âme et il emporte avec lui les photos prises depuis notre départ de Ste Anne jusqu'à notre retour à Carriacou. Il ne reste que quelques rares rescapées sur le téléphone. A notre retour en France nous espérons pouvoir récupérer les données et mettre en ligne les photos... 

Une belle navigation jusque St Davids

Comme le vent est à peu près calme, c’est-à-dire qu’il ne souffle qu’à 15 nœuds, nous optons pour un passage par la côte au vent. La mer est belle et nous filons à vive allure. Nous passons à l’Est de Frigate Island et Large Island puis atteignons les îlots au Nord de Grenade. Au grand largue la descente de la côte Est est rapide et nous mouillons dans la baie de St Davids, au sud de Grenade dès le milieu d’après-midi. L’anse est quasiment déserte et nous jetons l’ancre à quelques encablures d’une plage.

Escale à St Davids

Pendant que nous explorons les fonds (sans intérêt car c’est du sable avec des algues), le bateau tourne et va se planter dans 1,50 mètres d’eau. A 30 mètres du bord, les fonds passent brusquement de 6 mètres à 1,5 mètre ! Heureusement que c’est du sable et on dégage le bateau sans difficulté : le safran perd juste un peu d’antifouling. La baie est très boisée et, mis à part le chantier, il n’y a que deux maisons en bord de mer. La forêt tropicale s’étend à perte de vue sur les montagnes et aucun village ne rompt cette verdure.

Nous faisons le tour du chantier. L’endroit est encaissé dans une vallée très boisée et surtout très humide. Nous bavardons avec un jeune couple qui retape un bateau, John et Rebecca, et nous sommes vite assaillis par les moustiques ! Ici, pas de commerces et il faut aller en ville en taxi collectif pour se ravitailler. Le bar-restaurant du chantier est très accueillant et offre une bonne connexion internet. Renseignements pris, le chantier est plus cher que celui de Carriacou. Des artisans sont proposés à un tarif prohibitif pour nous : minimum 62 dollars US de l’heure ! De plus, les vols retour à partir de Grenade sont très chers et imposent 2 ou 3 escales. Pour rentrer de Carriacou nous prenons un petit avion privé jusque Fort de France puis un vol direct vers Paris à un tarif plus avantageux. C’est décidé, nous laisserons notre bateau à carriacou.

Nous restons là trois jours, le temps de dîner à bord avec John et Rebecca puis d’être reçus sur le catamaran d’un couple de français de passage : Manu et Hélène.

Nous laissons notre taud de soleil (et de pluie) au voilier du chantier pour qu’il le répare. Comme il lui faut une semaine, nous partons visiter les autres baies du Sud de Grenade.

Les baies du Sud de Grenade

Notre première escale est à Prickly Bay car nous avons besoin de refaire le plein des placards. La baie est encombrée de centaines de bateaux et l’endroit ne nous attire pas. D’immenses villas bordent les plages : c’est visiblement l’endroit chic de l’île. Nous allons au supermarché d’un grand centre commercial et, cette fois encore, sommes déçus par les produits proposés et par leur prix ! De retour au bateau nous levons l’ancre et allons mouiller dans l’anse d’à côté : True Blue Bay. En apparence rien de différent ici mais il n’y a que deux bateaux au mouillage. Un restaurant sur pilotis avec ponton d’accueil offre un accueil très sympathique. Pourquoi cette désertion des plaisanciers ? Nous restons là le lendemain et allons nous promener à terre : ce ne sont que villas luxueuses dans de magnifiques jardins. En chemin nous croisons des pêcheurs de langoustes et leur achetons quelques pièces : c’est à peine plus cher que les ailes de poulet surgelées !

On nous vante les mérites d’un bar sur Hog Island et nous décidons d’aller mouiller par là-bas. Plusieurs baies sont accessibles en slalomant entre les bancs de corail à fleur d’eau : vive le traceur à la barre qui nous permet de passer sans difficultés ! Cette fois encore les baies sont envahies de centaines de bateaux. Nous optons pour Mt Hartman Bay et jetons l’ancre à la sortie de la baie, loin des autres voiliers. Les fonds de cette baie sont toujours aussi décevants : du sable et des algues . rien à voir car l’eau est très trouble ! Le bar réputé n’étant ouvert que le dimanche soir nous continuons notre chemin et allons vers Port Egmont. Surprise, la baie est totalement désertée des plaisanciers ! Pourtant en apparence rien ne la différencie des autres. Nous y passons une nuit au calme au fond de cette baie très profonde (le meilleur abri anticyclonique des Antilles). La baignade y est malheureusement tout aussi inintéressante.

Retour à St Davids

Nous revenons ensuite à St Davids pour récupérer notre taud. Nous retrouvons avec plaisir John et Rebecca et Thierry décide de leur donner notre groupe électrogène qui rouille dans le coffre arrière et dont nous n’avons jamais eu besoin. On débarrasse et ça rend service ! Nous restons plusieurs jours à St Davids pour la préparation d’une sortie pour notre club de kayaks Les 3 grenouilles qui nécessite une bonne wi-fi. Nous installons notre « bureau » au bar.

Nous allons visiter Grenville, sur la côte Est, en taxi collectif. Arrivés sur la route principale nous découvrons qu’une multitude de maisons la bordent jusqu’à la ville : toutes ces habitations sont invisibles de la côte. Ici et là le long de la route des petites échoppes offrent les produits de première nécessité. Beaucoup d’enfants en uniforme prennent le taxi collectif pour se rendre à l’école. Bref, l’île est finalement assez peuplée. Grenville est un gros bourg sans charme mais très animé avec beaucoup de boutiques. Thierry cherche une courroie pour le moteur du compresseur et un réparateur de tondeuses nous en offre une car il n’est pas certain qu’elle convienne ! Les gens ici sont très serviables.

Le vent souffle fort et la houle parvient à rentrer dans la baie, rendant le mouillage rouleur. Le samedi, nous quittons St Davids pour nous rendre sur la côte Ouest à St George. A peine sortis de l’abri de la baie nous nous heurtons à une grosse houle avec 30 nœuds de vent. Une fois sur la côte sous le vent nous pensons trouver le calme mais des rafales à 35 nœuds nous accueillent à notre arrivée à St George !

St George, une petite capitale animée

St George est la capitale de Grenade. La ville offre deux baies très protégées auxquelles nous ne pouvons pas accéder. La partie nord (Carenage) est réservée aux pêcheurs locaux et la partie sud (Lagoon) est occupée par une marina où séjournent des bateaux grand luxe. Nous mouillons en dehors devant une belle plage de sable blanc. L’endroit est venteux et un peu rouleur. Nous allons faire un tour en ville mais comme c’est le week-end les rues sont désertes. Peu engageant. Nous trouvons malgré tout, sur les quais, un supermarché ouvert et tentons de nous réapprovisionner. Nous amarrons l’annexe juste devant, pratique ! Le lundi nous découvrons la ville sous un jour totalement différent : les rues sont très animées et une multitude de petits commerces en tous genres attirent une foule colorée. Le marché local offre quelques légumes toujours aussi chers.

Visite du centre de l’île

Nous allons explorer le centre de l’île en taxi collectif. Premier arrêt dans la montagne pour voir un étang qui se révèle sans aucun intérêt ! En chemin des chauffeurs de taxi attirent des petits singes en leur offrant des bananes. Nous en voyons quelques un descendre de leur arbre et amuser les touristes, dont nous faisons partie… Nous voulons ensuite aller voir les Six Sisters Waterfalls, à deux kilomètres de là. A peine le pouce tendu au bord de la route, un 4x4 s’arrête et nous y amène. Les cascades sont à une bonne demi-heure de marche dans la forêt. Il est déjà midi et nous n’avons rien emporté à manger car l’office de tourisme nous a affirmé qu’on en trouverait sur place. Malheureusement tout est fermé et nous ne trouvons que des cakes très secs : mieux que rien mais ça donne soif et on n’a qu’une bouteille d’eau ! Nous cheminons dans la forêt jusqu’aux premières cascades et nous nous y baignons : l’eau est agréablement fraîche après cette randonnée en montagne. Nous découvrons alors que les autres cascades sont encore loin sur une piste assez inaccessible. Déçus, nous rentrons sans voir les autres sœurs !

On remonte la côte Ouest

Nous quittons St George et allons mouiller à quelques milles plus au Nord. Une petite baie abrite une réserve marine et des statues sous-marines. Nous sommes un peu déçus par l’endroit car les fonds manquent de végétation.

Le lendemain nous poursuivons et mouillons dans une jolie baie. Les fonds sont enfin à la hauteur de nos espérances : d’immenses gorgones et autres algues et coraux majestueux et colorés abritent des multitudes de poissons. Thierry est alerté par l’attitude de quelques hommes sur la plage et décide d’aller mouiller plus loin. Nous jetons l’ancre devant une plage à un mille de Gouyave. Là aussi les fonds sont splendides et nous nous régalons de ce spectacle. Dans l’après-midi des pêcheurs installent un immense filet circulaire dans la baie. Deux groupes de personnes sur la plage tirent le filet à terre. Nous nous joignons à eux et leur donnons un coup de main. Le filet rapporte du poisson et deux tortues qu’ils relâchent aussitôt. Nous sommes très heureux de participer à cette partie de pêche traditionnelle !

On quitte Grenade précipitamment

Nous envisageons de retourner ensuite vers Carriacou et d’aller mouiller sur Large Island en chemin. Au petit déjeuner Thierry voit sur internet qu’un volcan sous-marin à quelques milles au nord-ouest de Grenade est en phase active : l’alerte orange est donnée et un périmètre de sécurité de 5 milles est interdit à toute navigation. Pas de chance pour nous, Large Island est justement dans ce périmètre. Avec notre chance habituelle nous préférons prendre le large et regagner directement Carriacou en passant à l’Est des îles. Vent et courant dans le nez, la remontée est laborieuse : le moteur à fond nous faisons quasiment du sur-place ! Ca nous rappelle le passage du Cap Finistere en Galice… Le temps passe et nous ne parviendrons à Carriacou qu’à la nuit tombée. Nous décidons alors de retourner à Tyrrel Bay pour plus de sécurité. Nous y jetons l’ancre lorsque la nuit tombe.

C'est où ?

Carte 2

Fil conducteur

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Commentaires (1)

MICHEL GOARANT
  • 1. MICHEL GOARANT | 06 Oct 2018
Salut Catherine et Thierry,
Merci pour ce moment de détente , ça me fait toujours plaisir de vous suivre
à bientôt

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Date de dernière mise à jour : 08 Oct 2018