Dimanche le temps se gâte un peu mais nous partons tout de même vers la pointe nord de Tenerife et nous mouillons dans la baie d’Antequara. C’est une première pour Patrice et nous sommes heureux de constater qu’il n’a pas le mal de mer : nous allons pouvoir faire notre tour de l’île. A peine ancrés, de gros nuages nous amènent une grosse pluie… surprise… on n’en a pas vu depuis des mois ! Nous abandonnons l’idée de la baignade et devons même dîner à l’intérieur. Le vent se lève et un effet venturi provoque de grosses rafales à plus de 35 nœuds dans notre baie, par ailleurs bien abritée de la houle. Nous voulons déplacer le bateau pour ne plus être dans le couloir de vent mais le guindeau (le moteur qui remonte l’ancre) refuse de fonctionner ! Prudents, nous jetons une deuxième ancre sur l’avant. Thierry tente en vain de réparer le guideau.
La nuit est agitée et nous dérapons un peu vers les rochers. Thierry veille. Je dors d’un œil, mais le bruit du vent est impressionnant. Patrice ne semble pas trop inquiet mais se lève tout de même plusieurs fois dans la nuit pour voir si nous ne frôlons pas les rochers de trop près.
Au matin les rafales atteignent 45 nœuds (plus de 80 km/h) et le bateau se couche sous la force du vent. Le bateau dérape lentement mais sûrement en direction des cailloux… Patrice nous dit que c’est bon, pour le bizutage… C’est impressionnant mais pas de panique, il suffira de mettre le moteur si on s’approche trop près. La baie est sableuse quasiment jusqu’aux bords et on a 4 mètres de fond donc ce n’est pas dangereux … juste très stressant !
La « main de fer » qui limite les efforts sur le guideau a disparu dans l’eau, le bout (un gros) cisaillé. La perche IOR fabriquée par Thierry est pliée, la canne à pêche utilisée n’a pas résisté. La bouée jaune de secours s’est envolée et a traversé le bateau, heureusement retenue par le filet de pont.
Nous avalons vite fait notre petit déjeuner et Thierry réquisitionne Patrice pour l’aider à remonter les deux ancres et leurs 100 mètres de chaîne. L’opération est difficile avec ces rafales et chaque mètre gagné est reperdu si Patrice ne parvient pas à amarrer la chaîne sur le taquet le temps que Thierry parvient à la maintenir… attention aux doigts ! A la barre, moteur à fond, je maintiens le bateau en position pour soulager leurs efforts et éviter d’aller s’échouer sur les rochers si proches. Thierry perd la gaffe en tentant de ramener la bouée de l’orin. Après trois quarts d’heure d’efforts, les ancres sont sur le pont et nous pouvons mettre le cap hors de la baie. Ouf ! Dehors le vent est plus calme, seulement 15 à 20 nœuds. Nous regagnons la marina de Santa Cruz pour réparer le guideau.
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