Nous organisons notre vie à bord. Je prends le quart vers 20H jusque minuit ou 1H du matin. Thierry prend le relai jusqu’au petit matin. Dans la journée nous passons le temps ensemble dans le cockpit et essayons de grappiller quelques heures de sommeil par ci par là. Thierry dort dans le carré pour être prêt à intervenir rapidement en cas de besoin. C’est plus rassurant pour moi. Il a l’avantage de dormir sur le dos, la position la plus stable. Je dors dans notre cabine, dans le sens de la marche, adossée aux équipets tribord pour me caler au maximum. Comme je ne peux pas dormir sur le dos, je reste ballottée de gauche et de droite à chaque mouvement du bateau et ma peau finit par me faire mal à force de frotter sur le matelas.
Comment occuper le temps ? En mer je ne peux pas lire et suis condamnée à rester avec mes pensées qui vagabondent de vague en vague. Que faire d’autre sinon observer les nuages et y déceler des animaux cachés ? J’y ai vu des calamars géants, des tortues, des poulpes de ouate blanche. Si le ciel est tout bleu il reste à regarder l’écume sur l’étrave : c’est comme un feu de cheminée, toujours en mouvement mais si reposant.
J’ai imaginé faire une belle collection de photos de couchers et de levers de soleil… mais la météo a contrarié mes plans car, hormis au départ, des nuages cachent le soleil.
Qu’est-ce qu’on mange ? Nous avons les cales pleines de victuailles pour nourrir l’équipage durant plusieurs semaines. Cuisiner avec une grosse houle n’est pas vraiment facile, aussi je cuits avant de partir un stock de riz, de pâtes et d’œufs dur qu’il me suffit de réchauffer. Quand la mer est plus calme je peux prendre le temps de cuisiner. La gazinière est montée sur cardans et reste à peu près horizontale, mais lorsque ça chahute, les casseroles volent quand même ! Reste alors la solution sandwichs, fruits frais (les bananes calent bien) ou secs, céréales, barres chocolatées, chocos : les placards en regorgent.
Nous ne voyons quasiment aucun bateau, même sur notre écran qui nous les signale à 25 milles (45 km). Je précise, pour ceux qui ne connaissent pas cette merveille, que l’AIS est un système de communication qui permet de voir les bateaux autour de soi sur l’écran du navigateur. Il nous donne la taille et la vitesse du bateau et à quelle distance et dans combien de temps nous allons le croiser. Pas encore l’âge du capitaine, mais ça viendra sûrement. On peut paramétrer des alertes pour que ça sonne dès qu’un bateau est dangereux pour nous. Un grand confort ! C’est grâce à l’AIS que vous pouvez localiser notre bateau (Cf. page d’accueil).
Grâce à notre téléphone satellite, chaque jour vers 11H nous envoyons notre position à Marion qui transmet les nouvelles à terre. Elle peut ainsi regarder la météo et nous imaginer secoués par les vagues ou bronzer sur le pont. Nous restons aussi ainsi en contact avec Jean-Luc.
Commentaires
1 Francoise Le 05/03/2018
Bises
2 Régine CASELLA Le 31/12/2017
3 Patandre Le 29/12/2017
4 Patrice Saintot Le 28/12/2017
J'aime trop lire vos aventures et j'aurais bien aimé être là pour voir les calmars et tout et tout ... mais avec la houle en moins.
Pour tout dire j'ai déjà le mal de mer rien qu'en lisant, c'est tout dire
Patrice
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