De Guadeloupe à Carriacou

De Pointe-à-Pitre à Marie-Galante

Après être restés bloqués six longues semaines à Pointe-à-Pitre pour réparer notre moteur, nous sommes heureux de reprendre enfin la mer pour retourner à Carriacou où nous devons laisser le bateau pour l'été. Les semaines passant il nous est maintenant impossible de poursuivre notre route vers le nord. La visite de la côte ouest de la Guadeloupe sera pour une prochaine saison ! 

Notre moteur a toujours un problème et nous craignons devoir changer le joint de culasse... à moins que ce ne soit qu'une fuite dans l'échangeur de liquide de refroisdissement qui laisse passer de l'air et de l'eau... Nous croisons les doigts pour que ce soit la dernière solution ! 

Nous quittons Pointe-à-Pitre en début de matinée du 19 avril, après avoir fait la clearance de sortie à la marina, avec l'intention d'aller à Marie-Galante. Nous (enfin, surtout moi...) sommes très stressés car nous ignorons si le moteur va fonctionner ! Dans la baie le vent de Sud nous empêche de prendre le cap, aussi nous décidons de longer la côte Est au moteur : c'est un premier test pour notre moteur qui tourne comme une horloge ! Ouf ! Pas trace d'huile dans l'eau ni de fumée blanche, signes d'un joint de culasse à changer. Nous reprenons confiance dans notre bon Perkins.

Le vent n'étant toujours pas favorable pour aller d'un seul bord jusque Marie-Galante, nous décidons d'aller vers le nord de la Dominique. Après avoir passé la pointe Sud de la Guadeloupe, le vent s'établit Sud-Est et nous permet de rejoindre Marie-Galante au près serré. Nous mouillons dans la baie de St Louis vers 3 heures. Le mouillage est calme et les eaux peu profondes sont d'un beau turquoise. Nous restons à bord, heureux d'avoir enfin repris la mer et d'avoir un moteur qui tourne. Nous savourons cette soirée tranquille au mouillage après une belle navigation. Nous ne quitterons le mouillage que dans l'après-midi, après une journée tranquille de repos bien méritée pour Thierry qui a passé tant de semaines à bosser le nez dans le moteur. Nous n'avons même pas le courage d'aller à terre faire le tour du bourg. Marie-Galante est une île peu touristique au relief plutôt plat. De la mer elle semble surtout couverte de champs de canne à sucre.

De Marie-Galante à St Pierre en Martinique

Nous décidons de ne pas nous arêter en Dominique qui nous a tellement déçus et de faire une navigation de nuit pour rejoindre directement St Pierre au nord de la Martinique. Nous choisissons de passer au vent de la Dominique. Nous avons 80 mn à faire et il va nous falloir une vingtaine d'heures. En partant le soir nous arriverons dans la journée. C'est notre première navigation de nuit de la saison et nous manquons d'entrainement ! Un vent d'Est de 15 noeuds et une houle de deux mètres rendent la navigation au travers assez sportive. Nous souffrons tous deux d'un mal de mer latent : décidément nous ne sommes vraiment plus amarrinés ! Je ne parviens même pas à cuisiner. Il était temps pour nous de refaire des navigations moins "pépères" ! La nuit est fra^che et nous devons enfiler des vestes. Au petit matin, à l'approche de la côte martiniquaise, un gros grain bien noir nous oblige à prendre des ris. Une fois à l'abri de la côte, le vent faiblit et nous terminons au moteur... moteur qui ronronne gentiment...

Nous mouillons au sud de St Pierre, devant la grande plage. C'est le week-end de Pâques et la plage est envahie de groupes venus y passer la journée. Ils s'installent avec tables, barbecues, sono. La musique met de l'ambiance durant ces deux jours que nous passons à St Pierre ! Nous n'avons aucune envie d'aller en ville et ne quittons le bateau que pour aller nager sur une épave à proximité. 

De St Pierre à St Vincent

Nous décidons de ne pas nous arrêter à Ste Lucie et d'aller directement à St Vincent. C'est encore une navigation de 80 mn et nous optons pour une navigation de nuit pour arriver en journée. Nous levons l'ancre en milieu d'après-midi le 23 avril. Faute de vent et avec une houle à contre nous devons encore solliciter le moteur qui ronronne tranquillement. Il faut juste lui remettre un peu d'eau de temps à autre. Une fois passée la Baie de Fort de France le vent adonne et nous pouvons hisser les voiles : génois et grand voile d'avant pour cette fois car le bateau tient bien le cap avec cette mer calme. Thierry paufine les réglages et nous filons au largue à 5-6 noeuds avec seulement 10-12 noeuds de vent : performance très honorable pour notre bateau de 13 tonnes ! Le passage du canal de Ste Lucie est plutôt calme, surtout comparé à la dernière fois où nous l'avions traversé avec un "avis de grand frais" et quatre bons mètres de houle. La nuit, sous le vent de Ste Lucie nous parvenons à maintenir la cadence. Le canal de St Vincent s'avère tranquille également. C'est une belle navigation bien agréable avec des conditions idéales. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas pris autant de plaisir.

Nous choisissons de mouiller à Chateaubelair. C'est une large baie où les fonds ne sont pas trop profonds de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'aller frapper une amarre à terre. Ici pas de comité d'accueil agressif pour nous obliger à prendre une bouée ou pour nous aider à nous amarrer. Nous jetons l'ancre au nord de la baie devant une superbe falaise couverte d'une belle végétation avec des palmiers ici et là. Nous avons l'agréable surprise de découvrir des fonds magnifiques : coraux de toutes formes et couleurs, dragonnes majestueuses et des myriades de poissons. Une fois de plus nous constatons qu'en s'éloignant des lieux fréquentés les fonds sous-marins sont encore préservés alors qu'ils sont d'une pauvreté affligeante où affluent les touristes. L'endroit est si plaisant que nous y restons deux jours à profiter de belles baignades. Nous n'avons même pas l'envie de mettre l'annexe à l'eau pour aller découvrir le bourg. De temps à autre des locaux viennent sur des barques nous proposer fruits et poissons. Certains restent bavarder un moment. Nous achetons un joli thon pour améliorer notre ordinaire quasiment végétarien. Bref, St Vincent nous semble une nouvelle fois bien attrayante et nous espérons pouvoir la visiter plus longuement lors de la prochaine saison.

De St Vincent aux Tobago Cays

Avant d'atteindre Carriacou nous voulons absolument refaire une escale aux célèbres Tobago Cays en espérant qu'il y aura cette fois moins de vent. Nous nous levons dans la nuit mais le guindeau refuse de fonctionner. Après une heure de bricolage pour rétablir le fonctionnement du relais nous pouvons enfin lever l'ancre et quitter St Vincent. Cette fois encore les conditions de navigation sont idéales et nous filons cap au sud vers cet archipel parsemé de cailloux. L'approche est finalement aisée par le nord et nous suivons nos traces de notre précédent passage. Cette fois nous mouillons devant la première île qui s'offre à nous (celle au nord de Petit Rameau qui n'a pas de nom sur Google Map) à la sortie du canal entre les îlots. Il y a du fond, nous sommes relativement abrités du vent et il n'y a pas beaucoup de bateaux autour de nous. C'est parfait pour une escale de deux jours. 

Le lendemain matin nous partons en annexe à la découverte des îlots déserts. Nous trouvons la passe dans la barrière de corail et allons sur Petit Tabac. Nous faisons le tour de l'le à pied mais ne trouvons aucun endroit pour nous baigner. En repartant nous croisons Pascal de Zangara qui vient y mouiller. Nous l'avions justement rencontré aux Tobago Cays en janvier puis revu ici ou là. Ensuite nous visons Jamesby et piquons une tête mais les fonds sont décevants. Pour finir nous allons nager devant la plage de Baradal pour y voir des tortues. Dans l'après-midi nous allons nager près du bateau et découvrons que les fonds de l'île sans nom sont plutôt attrayants. 

Retour à Carriacou

Voilà, ça se termine, il nous faut reprendre la mer pour la dernière navigation de la saison 5... Nous mettons le cap sur Carriacou avec toujours un bon petit vent qui rend cette dernière virée très agréable. A 11 heures nous atteignons Sunday Island et y faisons une halte le temps d'aller admirer les fonds bien fournis. Nous prenons une bouée et lorsque nous finissons notre déjeuner les gardiens de la réserve passent. Nous leur disons que nous sommes là juste pour une heure ou deux mais ils veulent nous faire payer une journée complète (12$US tout de même !). Comme je refus de payer nous larguons la bouée illico presto et mettons le cap sur Tyrel Bay.

Nous mouillons près du bateau de Philippe qui va veiller à notre bateau durant notre absence. Nous sommes le dimanche 28 avril et il nous reste exactement 9 jours pour préparer le bateau pour cet hivernage.

Le retour ici nous donne l'impression de rentrer chez nous tant l'endroit nous est maintenant familier après y avoir passé plusieurs mois. Nous y retrouvons avec grand plaisir de nombreux amis et cette ambiance sympa que nous apprécions beaucoup.

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Fil conducteur

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Date de dernière mise à jour : 09/05/2019